« Viens Esprit Saint, en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de lumière. Viens en nous père des Pauvres viens dispensateur des dons, viens lumière de nos cœurs… Ô lumière bienheureuse viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous les hommes. »

Dans un dialogue avec une de ses Sœurs, sainte Emilie nous aide à entrer avec ouverture de coeur dans la fête de Pentecôte

Extraits « L’Esprit d’Emilie » tome 1, chapitre 14

LA SŒUR. — L’année dernière, vous m’aviez souhaité le don de sagesse [, aujourd’hui le don de piété] ; de ces deux, quel est celui qui m’est le plus nécessaire ?

LA MÈRE. — L’un et l’autre sont bien précieux et dignes d’une sainte envie : j’espère que le bon Dieu, en vous accordant le don de piété, vous accordera aussi celui de sagesse, dont je vous fis le souhait l’année dernière, à cause de votre emploi, qui demande beaucoup de prudence. Salomon ne demanda qu’une chose au Seigneur, la sagesse ; et la sainte Écriture nous dit que «tous les biens lui vinrent avec elle». Je crois que lorsque le bon Dieu fait à une âme le beau présent de l’un des sept dons du Saint-Esprit à un degré supérieur, il lui donne de même, plus ou moins, tous les autres : le premier cependant jette toujours un plus vif éclat.

LA SŒUR. — En quoi consiste principalement le don de sagesse ?

LA MÈRE. — Dans une juste appréciation des choses de la terre et une haute idée des choses éternelles, en sorte qu’une âme qui a reçu ce don n’attache de prix qu’à ce qui le mérite devant Dieu. Elle méprise tout ce qui ne tend pas à Dieu directement ou indirectement, ou du moins elle en fait peu de cas ; elle se conduit toujours, non d’après le monde ou la nature, mais d’après la lumière reçue d’en haut, et marche toujours droit dans les sentiers de la justice et de la perfection. Beaucoup de prudence accompagne ordinairement ce don. Avez-vous remarqué ma Sœur N. ? Elle est un modèle de sagesse, de cette sagesse que le Saint-Esprit donne aux âmes : appliquez-vous à marcher sur ses traces.