ESPÉRANCE

selon SAINTE ÉMILIE

Travaillons avec zèle et ardeur
à faire aimer ce Dieu
« qui nous a tant aimés »
le premier. 1Jn 4,10


Trabajemos celosa y seriamente
para que este Dios
« él que nos amó a nosotros » primero
fuera amado.


Let us work with zeal and ardor
to make this God
who first « loved us so much »
be loved.



Sainte Émilie de Rodat

« C’est Dieu lui-même, disait-elle à une religieuse tentée contre l’espérance, c’est Dieu lui-même qui veut que nous attendions le paradis. Rien ne l’honore, dans une âme, autant que la confiance qui lui fait espérer tout de sa bonté, surtout la grâce du salut. […] Travaillons avec zèle et ardeur à faire aimer ce Dieu qui « nous a tant aimés le premier« , et qui certainement ne veut pas nous perdre. Ne poussez plus si loin vos craintes pour l’avenir : au lieu de vous faire avancer dans la vertu, elles vous feraient reculer. Livrez-vous, livrez-vous au saint amour, vous abandonnant, avec une confiance pleine et entière, à la miséricorde divine, à la miséricorde de Celui qui «est l’amour même» et vous avancerez, croyez-le bien, vous avancerez rapidement. »

« À une autre âme dominée par la crainte, et tout en peine au sujet de son salut : « Ce que vous avez à faire dans votre état, disait-elle, c’est de vous abandonner à la miséricorde de Dieu et de croire que vous ne vous sauverez pas par vous-même, mais que le bon Dieu vous sauvera. Il vous aime, certes, lui qui a donné sa vie pour vous, lui qui vous a accordé tant de grâces, que vous ne pouvez pas méconnaître et qui prouvent si bien sa bonté, sa tendresse pour vous ; dites-lui donc, du fond du cœur : « Mon Dieu, mes péchés sont bien nombreux, ils sont bien grands ; mais pour la gloire de votre nom, vous me les pardonnerez, parce qu’ils sont bien grands, et que votre miséricorde se glorifiera ainsi davantage. Oh ! oui, Dieu infiniment bon, vous me pardonnerez ceux que je ne connais et ceux que je ne connais pas car si je les connaissais, je m’en confesserais sincèrement et humblement. Seigneur, j’ai mis en vous mon espérance ; oh ! elle ne sera pas confondue ! Entre vos mains paternelles je ne périrai pas… »

English « It is God himself, she said to a nun tempted against hope, it is God himself who wants us to wait for heaven. Nothing honors Him, in a soul, as much as the trust that makes him hope for all of his goodness, especially the grace of salvation. […] Let us work zealously and ardently to make this God who « loved us » first be loved, and who certainly does not want to lose us. Don’t push your fears for the future so far: instead of making you advance in virtue, they will make you slow down. Surrender yourselves, surrender yourselves to holy love, surrendering yourselves, with full and complete trust, to divine mercy, to the mercy of Him who « is love itself«  and you will advance, believe it well, you will advance quickly ».

To another soul dominated by fear and sorrow about its salvation: « What you have to do in your condition, she said, is to surrender yourself to God’s mercy and believe that you will not save yourself, but that the good Lord will save you. He certainly loves you, he who has given his life for you, he who has granted you so many graces, which you cannot disregard and which prove so well his goodness, his tenderness for you; say to him, therefore, from the bottom of your heart: « My God, my sins are many and great; but for the glory of your name you will forgive me, because they are great, and so your mercy will glorify itself even more. Oh yes, God infinitely good, you will forgive me those whom I do not know and those whom I do not know, for if I knew them, I would sincerely and humbly confess them, Lord, I have put my hope in you; oh, it will not be confounded. In your paternal hands I shall not perish… »

Español « Es Dios mismo, le dijo a una monja tentada contra la esperanza, es Dios mismo quien quiere que esperemos al cielo ». Nada la honra tanto en un alma como la confianza que la hace esperar toda su bondad, especialmente la gracia de la salvación. ….. Trabajemos celosa y ardientemente para hacer que este Dios que « nos amó tanto » primero y que ciertamente no quiere perdernos. No empujes tus miedos por el futuro tan lejos: en lugar de hacerte avanzar en la virtud, te harán retroceder. Entréguense, entréguense al santo amor, entregándose, con plena confianza, a la misericordia divina, a la misericordia de Aquel que « es el amor mismo » y avanzarán, créanlo bien, avanzarán rápidamente ».

A otra alma dominada por el miedo y la pena por su salvación: « Lo que tienes que hacer en tu condición -dijo- es entregarte a la misericordia de Dios y creer que no te salvarás a ti mismo, sino que el buen Dios te salvará. Él te ama, en verdad, el que dio su vida por ti, el que te ha concedido tantas gracias, que no puedes ignorar y que prueban tan bien su bondad y su ternura por ti; dile, pues, de todo corazón: « Dios mío, mis pecados son muchos y grandes; pero por la gloria de tu nombre me perdonarás, porque son grandes, y así tu misericordia se glorificará aún más. Oh sí, Dios, que es infinitamente bueno, me perdonarás a los que no conozco y a los que no conozco, porque si los conociera, los confesaría sincera y humildemente, Señor, he puesto mi esperanza en ti; oh, no se confundirá. En tus manos paternales no pereceré… »